Comprendre ... mais pas trop !

(état de veille, épisode 2)




Faute d’arriver à comprendre l’autre, je passe trop rapidement du désir de le comprendre à la volonté de le faire. C’est à ce moment là que je bascule dans le contrôle c’est à dire la réduction de mon interlocuteur à un objet d’analyse.

« Je ne comprends pas » provoque fréquemment une autre tentative d’explication, souvent même sans question explicite. Voilà un exemple d’une réponse symbiotique à une absence de question.
C’est l’amorce d’un jeu qui nourrit la dépendance mutuelle.

L’énergie est alors mobilisée sur un enjeu volontariste : forcer l’autre à entrer dans une pensée « rationnelle », lui prouver que son expérience personnelle ne se suffit pas à elle-même et insister pour que sa parole se conforme à un modèle général.

La tentation est grande, face à cette insistance, de vouloir me justifier ou de me croire obligé de satisfaire une exigence abusive.
Quand le dialogue est centré sur l’objet du débat, de l’explication ou d’une compréhension-supposée-nécessaire, il ne donne plus vie à ce qui est précieux, il n’est plus l’occasion d’une relation fragile peut-être, hésitante souvent, certainement subtile et toujours vivante. Alors tant mieux si l’autre ne rentre pas dans ce que je sais déjà, s’il résiste à mes catégories ou met du désordre dans mon cadre de référence !

Deuil de comprendre.
Opportunité de se rencontrer.



Comprendre ... mais pas trop !
(état de veille, débat de l'épisode 2)






Comprendre ... mais pas trop !
(état de veille, conférence)