IVG (chronique anachronique 2)


Drôle d’idée que l’usage qui est fait de l’IVG à ce jour, notamment par les jeunes.

Toute nouvelle d’un bébé en route plonge dans un bain d’ambivalence. Dans ce tourbillon de contradictions, de doutes, de peurs, de pensées magiques – dont celle de faire marche arrière, quoi de plus naturel, humain, inévitable que ce moment trouble et troublant ?!

Tout bascule – que j’aie ou non désir de cet enfant.

Bataille entre désir et peur, entre élan et résistance. Etc.

Depuis la légalisation de cet acte, la question de « le garder ou pas » permettrait à chacun de faire l’économie de ce moment de sidération.

Il ne s’agit pas de remettre en question la loi elle-même. Il m’importe de nous alerter sur l’usage qui en est fait.

Notre « condition d’humains » est forcément assortie de ces émotions, de ces passages d’un état à un autre, de ces tentations de refuser l’obstacle, de faire machine arrière.

Faute de cette liberté, certaines parturientes expriment ce « non, non », je ne veux plus, je ne veux pas de ce bébé, en arrivant dans la salle d’accouchement.

Ce non est à accueillir comme une forme de purge à ce bouillonnement et de volonté de faire de la place pour ce bébé réel.

La fonction de la parole, c’est de nous autoriser à faire le tri entre ces fantasmes et émotions qui révèlent notre jardin intime, mystérieux, plein de contradictions à accueillir dans le registre de l’imaginaire, et par ailleurs, des choix que nous faisons dans la réalité.

Un parent qui soupire ou hurle qu’il voudrait jeter son bébé par la fenêtre, n’est pas dupe. Mieux, son exaspération sera entendue comme soupape vitale, moins ce bébé sera menacé de violence.

Pour l’IVG, appliquons la même sagesse !

Permettons à cette femme (l’âge importe peu !) de dire ses émotions sans se censurer, d’être accueillie dans son profond trouble. Mais ne la privons pas, avec la question d’un choix effectif qui risquerait d’arriver trop tôt, de cette étape de maturation et de maturité.

Après cette vague gigantesque, il est possible de regarder le sable et d’y inscrire un choix mûr, en conscience, en adulte.