La nullité du sacrement de mariage en questions
(chronique anachronique 12)


UN TEL JUGEMENT, POUR QUI ? POUR QUOI ?

A QUI PROFITE CETTE DUPERIE ?

Y’A-T-IL UN ADULTE DANS L’INSTITUTION ?

AU MOMENT DE LA SIGNATURE AU BAS DU PARCHEMIN

Le notaire, pour je ne sais quelles raisons, continue à promouvoir le contrat de communauté de biens, cohérent avec le régime matrimonial du XIXème et jusqu’en 1960.

Aujourd’hui, ce contrat, au lieu d’encourager une juste distribution des responsabilités entres les protagonistes, favorise la dépendance et les jeux psychologiques.

QUAND RIEN NE VA PLUS

L’avocat sollicité s’appuie parfois sur le contrat de mariage et sur la loi pour que l’ex-épouse obtienne un maximum d’avantages financiers. Pour bénéficier de ce qui peut rapidement tourner à l’escroquerie, elle doit se constituer « victime » : dans le passé, l’époux l’aurait persécutée, flouée, exploitée. Il doit expier en la sauvant d’un présent d’adulte responsable de sa vie matérielle. Avec l’obligation parfois pour lui d’abandonner une partie du fruit de son propre travail …

Le psychologue, de son côté, voudra donner priorité à l’autonomie, rappeler à chacun le prix à payer pour ses choix : mariage, séparation, divorce. Il insistera sur l’importance d’assumer mon statut d’adulte au lieu d’entretenir une dette et sur le deuil à faire de la croyance que sous prétexte de mariage, l’autre me devrait quelque chose, Ni pendant, ni après le mariage, cet homme choisi comme époux n’a à se transformer en père, tuteur, protecteur, banquier…

A quel titre, en effet, un homme serait-il condamné, comme une compagnie d’assurance, à subvenir à mes besoins après la rupture de l’engagement pris devant le maire ?

Sur quelle culpabilité cette pression prendrait-elle appui ?

De quoi serait-il redevable après le divorce ?

Pour quelle faute devrait-il payer à perpétuité ?

ET L’EGLISE ?

Point ici de condamnation – juste ou injuste. Mais tentative collégiale de nier la réalité ! Pour appartenir à ceux qui sont légitimes de recevoir les sacrements, pour être accueilli dans cette communauté qui refuse de considérer le divorce comme un choix de vie respectable, que faire ?

Construire un dossier à présenter à une commission supposée compétente.

Trouver une raison de disqualifier le consentement échangé.

Plaider le manque de liberté.

Voir le mariage, cet engagement adulte, comme un jeu où il y aurait eu tromperie, feinte, mensonge, abus de pouvoir.

Exposer son intimité devant un tribunal.

Et hop !

Faisons comme si les conditions n’avaient pas été respectées.

Tour de passe-passe.

Truc de prestidigitateur.

Mais qui est dupe ?

Comment revenir au principe de réalité après le flirt avec la folie : celle de refuser le réel comme réel ?

Que se passe-t-il pour les enfants nés de cette alliance ?

Vont-ils prendre au sérieux les grandes personnes complices de tant d’hypocrisie ?

Comment respecter une institution prête à cet abus de pouvoir quand cela l’arrange ?

En politique, les ruses sont plus fréquemment dénoncées.

La Banque peut craindre pour ses privilèges.

Les lobbies économiques, pharmaceutiques, agroalimentaires ont raison d’avoir peur d’être pris en flagrant délit de tricherie.

Mais l’Eglise ?

Comment peut-elle justifier cette manipulation ?

Qui ose présider ce jury appelé à juger de la validité d’un sacrement ?

Qui, au lieu de la légitimité de rompre ce qui a existé, s’arroge la toute-puissance de nier que cela a existé ?

Qui prétend détenir ce pouvoir ?

Au diable, arguments, justifications, mystifications à ce sujet !

QUAND J’ETAIS PETITE

et que mes parents étaient encore magiques, je nourrissais le voeu qu’ils puissent faire disparaître mon mal d’oreille, ma peur du noir ou les monstres de mes cauchemars.

J’ai ensuite compris que Papa n’avait pas les pouvoirs de Zorro et que le meilleur remède était de pleurer dans ses bras.

ADOLESCENTE,

j’ai connu la brûlure de l’humiliation et le malheur de l’injustice. Nul subterfuge ne pouvait les effacer.

Ma meilleure amie m’apportait le réconfort de sa présence.

Maman, Grand-Maman ou toute « personne ressources », en entendant ma douleur et en respectant mes larmes, m’accompagnaient dans l’apprentissage des relations et dans l’aventure de la vie.

ADULTE,

je ne suis jamais à l’abri d’une trahison. Je peux être objet de chantage, proie d’un prédateur, victime d’un harcèlement.

C’est à moi de développer mon discernement, de faire confiance à mes antennes et de reconnaître que personne n’a la capacité de faire disparaître les cicatrices de mon âme.

Mon premier devoir d’adulte est de reconnaître ce que j’ai fait, dit, signé, tous mes choix, chacun de mes engagements comme miens. Positifs, négatifs, malheureux, riches, ce sont les briques de mon lego personnel. Que j’en aie regrets, remords, culpabilité, honte, joie ou fierté, il s’agit de ma vie. Et ce, pour l’éternité !

Il m’appartient d’en assumer les conséquences, de les prendre à bras-le-corps, de partager les émotions qui accompagnent la poursuite de ma route et d’accepter définitivement mon impuissance à gommer cette réalité. Personne ne peut ni ne doit me dispenser de cette responsabilité.

C’est elle qui me permettra peut-être un jour de me réjouir de cette vie qui est la mienne et d’en faire le récit unique et personnel.

C’est elle qui aujourd’hui me permet de dire « je » et d’être libre.

︎ VAN GOGH, Vincent (1890), L'Église d'Auvers-sur-Oise
, huile sur toile, 940 × 740 mm, source